La porcelaine de Bayeux

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Trois dynasties de porcelainiers à Bayeux

La collection d’objets présentée restitue l’histoire des trois familles de porcelainiers qui se sont succédées à la manufacture de Bayeux, les dynasties Morlent, Gosse et Langlois.

Une salle entièrement consacrée à cet artisanat emblématique de la ville de Bayeux (1812-1951) résume l’évolution du goût dans le domaine des arts décoratifs pendant près d’un siècle et demi. L’esprit contemporain de la scénographie du musée souligne la modernité de la production destinée à l’équipement des laboratoires de chimie, au travers de la mise en scène d’un stock de 3000 pièces produites au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

La fabrication de la porcelaine de Bayeux

La pâte (assemblage de kaolin pur, de sables et de craie) est préparée pour être mise en forme à l’aide d’un tour ou bien coulée dans un moule de plâtre, technique qui n’est développée à Bayeux qu’à partir de 1898.

 

Les pièces sont séchées avant de subir une première cuisson à 800°. Pour obtenir une porcelaine à l’aspect brillant, il est nécessaire de la recouvrir d’un émail. Certains décors sont posés au pinceau sur la pièce dégourdie avant l’émaillage. A Bayeux seuls le bleu de cobalt et le vert de chrome sont utilisés. La vitrification de la pâte et de l’émail nécessite une seconde cuisson à 1410° : le grand-feu. Les autres couleurs sont exclusivement posées sur l’émail après cuisson au grand-feu.

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La période Langlois 1812-1849

Pierre Joachim Langlois et son épouse acquièrent dès le 9 juin 1812 les bâtiments de l’ancien couvent des Bénédictines de Bayeux, mis sous séquestre à la Révolution. Il s’agit de l’acte de fondation de la manufacture de porcelaine de Bayeux. Les pièces les plus anciennes, signées « Bayeux » présentent des motifs posés sur l’émail avec des contrastes d’or mats et brillants, parfois enrichis de fleurettes polychromes dans un style hérité du XVIIIe siècle. Les porcelaines les plus célèbres de la période Langlois sont aux motifs bleu, rouge et or, inspirées des porcelaines extrême-orientales.

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La période Gosse 1849-1878

Le 10 octobre 1849, François Gosse est le seul enchérisseur à la vente à la bougie de la manufacture. Dès 1855, les signatures apposées, « GOSSE/Bayeux », « G/Bayeux » et « Bayeux » permettent d’identifier le Bayeux période Gosse jusqu’en 1879. D’abord d’inspirations orientales, les motifs évoluent progressivement vers une standardisation d’un motif végétal inspiré par la fleur de pommier. Celui-ci remporte un véritable succès et constitue le principal décor développé à partir de 1870, sous la direction de Paul Gosse.

Objet remarquable des collections de porcelaine du MAHB : le grattoir à allumettes « Le Pyrogène », pour lequel les frères Morlent ont déposé un brevet, a rencontré un succès considérable. Il a été décliné et personnalisé au nom de marques d’apéritif ou d’établissements hôteliers.
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La période Morlent 1878-1951

L’acquisition de la manufacture le 9 septembre 1878, par J. Morlent, se caractérise par l’entrée dans l’ère industrielle. Toujours réalisés à la main et au pinceau, les décors « Saxe » et « barbeau » s’ajoutent au décor « pomme ». Enfin, est élaboré le décor « marguerite », une création de J. Morlent spécifiquement bayeusaine. Durant la Seconde Guerre mondiale, la production est totalement désorganisée. A la Libération, le recours à des investissements importants mèneront malgré tout au dépôt de bilan de la manufacture en 1951.