Que raconte

la Tapisserie de Bayeux ?

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La Tapisserie de Bayeux ou l’histoire d’une conquête

Chef d’œuvre de l’art roman du 11ème siècle, la Tapisserie de Bayeux a probablement été commandée par l’évêque Odon, demi-frère de Guillaume Le Conquérant, pour orner sa nouvelle cathédrale à Bayeux en 1077. Elle raconte les évènements de la conquête de l’Angleterre par le duc de Normandie.

Le récit de la Tapisserie de Bayeux commence en 1064, lorsque le roi d’Angleterre, Edouard le Confesseur, charge son beau-frère, Harold Godwinson, de se rendre en Normandie afin de proposer à son petit cousin, Guillaume, sa succession sur le trône d’Angleterre. Même si la fin de la broderie est manquante, l’histoire se termine par la fuite des Ango-saxons à la fin de la Bataille d’Hastings en octobre 1066…

58
Scènes
626
Personnages
202
Chevaux

Les événements de l'invasion de l'Angleterre en 1066

En cette année 1064, le navire d’Harold navigue vers les côtes normandes. Après maintes péripéties, il transmet un message à Guillaume duc de Normandie : le roi d’Angleterre le désigne comme son successeur au trône. A la mort du vieux roi, c’est Harold qui se fait couronner à la place du duc de Normandie. A cette nouvelle, Guillaume décide de traverser la Manche en 1066 pour reconquérir son trône…

Au cours d’une nuit de septembre 1066, plusieurs centaines de navires prennent le large, avec quelques sept mille hommes et environ deux mille chevaux à bord. Parmi les bateaux se distingue le Mora, navire ducal offert par la duchesse Mathilde, qui porte au sommet de son mat un fanal bénit par le pape. Au matin, la flotte accoste au petit port de Pevensey dans le Sussex et les Normands se dirigent vers Hastings où ils prennent position.

Le 14 octobre 1066, la bataille décisive s’engage entre troupes normandes et anglo-saxonnes. Précédés par des archers, les cavaliers normands galopent en une longue chevauchée et fondent sur les fantassins anglais protégés par un mur de boucliers. Les morts sont si nombreux, qu’ils envahissent la bordure inférieure de la Tapisserie. Les combats sont violents, des chevaux tombent, des membres sont coupés… Harold est finalement atteint d’une flèche dans l’œil et tué dans la bataille. La retraite des troupes anglaises prend alors la forme d’une véritable débandade. Ainsi s’achève brutalement la Tapisserie au soir du 14 octobre 1066.

La Tapisserie n’est pas seulement la narration d’une épopée militaire, elle est également une œuvre spirituelle qui évoque la punition d’un parjure.

Un témoignage précis du 11ème siècle

Un témoignage précis du 11ème siècle

La Tapisserie de Bayeux est un témoignage de l’époque médiévale en Normandie et en Angleterre, qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Elle donne des informations sur l’architecture civile et militaire telle la motte castrale, l’armement constitué de casque nasal, haubert, bouclier oblong, la navigation empreint d’un héritage viking et tout ce qui concerne la vie quotidienne et de nombreux éléments évoquant la vie quotidienne du 11ème siècle.

« Dex aïe ! » cri de guerre des Normands était à la fois invocation à Dieu, appel à l’aide et cri d’encouragement sur le champ de bataille.
Les bordures, arrière-plan de la Tapisserie de Bayeux

Les bordures, arrière-plan de la Tapisserie de Bayeux

La bande centrale est encadrée par des frises mesurant chacune environ 7 cm. Ces bordures présentent des animaux, réels (oiseaux, lions, chiens, cervidés) ou imaginaires (griffons, centaures). On y aperçoit aussi la fable d’Esope, Le Corbeau et Le Renard. De même, la bordure inférieure sert à représenter les morts du champ de bataille dans les dernières scènes.